jeudi 11 juillet 2019

Route vers Sighisoara


C'est une longe étape de plus de 300km. Mais nous roulons dans un écrin de verdure exceptionnel. La route suit des fonds de vallées dans lesquels les petits villages agricoles se succèdent. Nous croisons énormément de voiture à chevaux, surtout chargées de foin. Les blés sont murs, les exploitations de petite taille. Un cheval tire un plateau orné de branches de sapin, c'est un enterrement, bannières et pope en tête du cortège. Ce sont souvent des personnes âgées qui utilisent le cheval pour tracter leur remorque, mais il y a aussi des personnes plus jeunes avec des enfants. Je songe que leurs revenus doivent être modestes.

Comme hier le température oscille entre 12 et 18°, c'est reposant.

Nous arrivons à Sighisoara en fin d’après midi. Nous sommes en Transylvanie. Cette région a un passé curieux.

Du XIème au début du XVIème siècle, la Transylvanie est une principauté dotée de ses propres institutions et lois, autonome par rapport au royaume de Hongrie mais vassale de celui-ci. Le prince régnant, portant le titre de voïvode.

Après l’invasion tatare de 1223, les rois de Hongrie étendent en Transylvanie le système des comitats (c'est une subdivision administrative comparable à nos départements). Et, pour développer les mines, font appel à des colons allemands (appelés Saxons, même s’ils ne viennent pas tous de Saxe : environ 10 % étaient Wallons et Lorrains). Ils s’installent sur des terres royales où selon la légende ils fondent sept cités (d’où le nom allemand de la Transylvanie : Siebenbürgen). Ils obtiennent des privilèges, qui seront abolis en 1867, en même temps que la principauté de Transylvanie qui fut alors rattachée au royaume de Hongrie, au sein de la double monarchie austro-hongroise.

Les questions religieuses amenèrent les communautés à construire des édifices religieux distincts . Les communautés saxonnes soupçonnées de complaisance avec le régime allemand commencèrent à émigrer après guerre. Cet exode se poursuivit dans les années 90.

En mars 1556, la Transylvanie est une monarchie quasi indépendante, mais qui doit accepter, comme avant elle la Valachie et la Moldavie, le statut de vassale de l’Empire ottoman. Vassale ne signifie pourtant pas annexée. Les trois principautés gardent leur statut d’États chrétiens autonomes, leurs armées, leurs institutions, leurs lois et leurs ambassadeurs.

Après 150 ans - avant la fin du XVIIème siècle - les Habsbourg et leurs alliés chrétiens reprirent à l'Empire ottoman le territoire de la Hongrie actuelle. Après la défaite finale des Turcs, les Habsbourg s'emparèrent de la totalité de la Hongrie, ainsi que des pays vassaux : la Croatie et la Transylvanie.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, l'empire austro-hongrois s'effondre.





























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