dimanche 7 juillet 2019

Bucarest

5/7 juillet

Nous arrivons à Bucarest sous une chaleur lourde et poisseuse. Un orage s'abat sur la ville alors que nous prenons nos valises. Notre hébergement est en centre ville ce qui va simplifier les visites.

La ville est mentionnée pour la première fois en 1459 comme marché fortifié au carrefour des routes commerciales entre Târgoviște, alors capitale de la Valachie, Brașov en Transylvanie, et le port de San-Giorgio fondé par les Génois sur le Danube.

Le prince Vlad Tepes y installe sa cour entre 1456 et 1462. Ce centre politique et commercial se développe et, au XVIIème siècle, il devient la capitale de la principauté de Valachie, puis, en 1859, de la Roumanie.

Entre le 6 décembre 1916 et novembre 1918, la ville est occupée par les Allemands et la capitale est transférée à Iași.

Après la Première Guerre mondiale, Bucarest devient la capitale du royaume de la Roumanie unifiée, qui inclut désormais la Transylvanie et la Bucovine jusque-là austro-hongroises, et la Moldavie orientale (annexée par l'Empire russe en 1812). Entre les deux guerres, la ville eut le surnom de Petit Paris, tant les Français y étaient nombreux .

Nous connaissons surtout cette ville en Europe par les événements qui s'y sont déroulés en décembre 89. En effet après la mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej en 1965, Nicolae Ceausescu a accedé à la tête du pays en devenant secrétaire général du Parti communiste roumain (PCR). Il est élu président de la république socialiste de Roumanie en 1974 (réélu en 1980 et 1985). Ceaușescu reprend le qualificatif de « Conducător » (jadis employé par le dictateur fasciste Ion Antonescu), associe son épouse Elena, qui se dit chercheuse universitaire de haut niveau à des fonctions ministérielles, et se qualifie de « génie des Carpates » et « Danube de la pensée ». Ce régime totalitaire, s'appuie sur la police politique nommée Securitate. 

borne commémorative
au point de départ de la révolte

Le régime s'effondre le 22 décembre 1989, lors du coup d'État faisant suite aux révoltes de la population débutées à Timișoara. A Bucarest la Securitate tire sur la foule sur la grande place dominée par l’hôtel intercontinental. Il y a là maintenant une borne rouge et blanche (ci-contre).

Le 25 décembre 1989, Nicolae Ceaușescu et son épouse Elena sont jugés, condamnés et exécutés à l'issue d'une procédure expéditive semblable à celles que le régime utilisait contre les opposants et dissidents. 

place d'où est partie la révolte










Notre guide Miruna qui est une amie de Nina, se souvient parfaitement de cette époque. Elle travaillait dans un organisme bancaire. Elle a une vision un peu différente de celle que nous avons pu avoir en occident.

« Caucescu avait remboursé toutes les dettes internationales que le pays avait. Toutes les ressources du pays y avaient été consacrées, tout ce qui était produit partait à l'export. Il n'y avait pratiquement pas d’électricité et la TV ne fonctionnait que 2 heures par jour. Mais il n'y avait pas de pénuries alimentaires car la ville était adossée à un pays agricole. Nous avions tous une famille qui produisait des fruits des légumes, des porcs, du poulet.

Le passage au monde libéral a été très dur. C'est à ce moment là que les inégalités se sont créés. Le fait que le pays envisage de vivre en autarcie n'était pas admis au plan international.
Ceux qui étaient doués pour les études étaient surs d’accéder à un emploi. Maintenant il y a d'un coté les très riches et de l'autre coté les très pauvres. La classe moyenne est peu importante. »
Nous vérifierons cela en visitant des marchés et en constatant des différences de prix avec les magasins de centre ville.

Elle ajoute : « j'ai vu l’effondrement du communisme. Je sais comment ça se passe. Nous vivons la même chose maintenant avec le libéralisme. Mais on ne sait pas ce qu'il y aura après ».

calea Rahovei

La périphérie de la ville est bordée par les même immeubles que ceux que l'on peut voir en Russie et dans les pays de l'est. Mêmes façades monotones, mêmes jardinets au pied des immeubles. Mais tout est propre, les ascendeurs fonctionnent, on sent une certaine coquetterie des propriétaires, car le roumain aime être propriétaire nous dit Miruna. C'est en périphérie urbaine que les habitants expropriés lors de la construction du « palais » ont été relogés.

Le marché sud est intéressant. Une foule d'acheteuses se presse et discute les prix des fruits et légumes. Je suis étonné car les prix sont affichés, mais « c'est comme ça » me dit Miruna !

marché intrarea recas, un peu plus loin
marché intrarea recas













Les habitants aiment sortir le soir et aller deviser dans les innombrables cafés et restaurants qui quadrillent le centre ville. Il y a des passages couverts assez larges pour que des terrasses y soient aménagées. La brasserie Caru cu Bere est un incontournable. C'est un mélange de taverne bavaroise,et de néogothique anglais ! C'est un lieu très touristique, on y déguste toute sortes de plats.


Brasserie Caru cu Bere
le restaurant
les grillades


















Statue équestre de « Michael Le brave »

(ci-contre) La statue représente un chef important (1593-1601) dans la lutte des roumains contre les ottomans. Il réussit à réunir sous son autorité la Moldavie, la Valachie et la Transylvanie.





Curtea Veche

Aussi nommée église de l'annonciation est une des plus vieilles églises de Bucarest. A cet emplacement se trouvait un bâtiment plus ancien qui pourrait avoir avoir été consacré à St Nicodème. Elle a servi entre les 16 et 17ème au couronnement des rois Roumains.

Curtea Veche
Curtea Veche - iconostase














Église du monastère de Stavropoleos.

Cette église a été achevée en 1724 dans un contexte d’effervescence culturelle mêlant les influences occidentales et orientales. On parle du style Brancovan, synthèse d'orient, d'esprit de la renaissance et d'esprit roumain. Les colonnes et chapiteaux du portique sont remarquable d’élégance. Les murs sont décorés par des médaillons représentant des saints, et par des arabesques florales. Le monastère abrite une dizaine de moines qui vivent dans un lieu protégé au milieu d'un univers de béton.

Biserica stavropoleos - iconostase
Biserica Stavropoleos

















Colline de la patriarchie

(Dealul Patriarhiei)
Cette colline a été préservée de la démolition bien qu'elle se trouve à vue du « palais » et ici se trouve le centre du pouvoir orthodoxe. La cathédrale est dédiée aux saints Constantin et Elena. A sa gauche se dresse l'imposante résidence de la patriarchie.

cathédrale patriarcale de Bucarest
palais patriarcal

la cathédrale
son iconostase


































Alexandre Cuza

En descendant la colline vers la ville on aperçoit la statue d' Alexandre Jean Cuza (1820 - 1873 ) qui est l'une des grandes figures de la renaissance culturelle roumaine, devenu officier, homme d'État et souverain des Principautés unies de Moldavie et de Valachie entre 1859 et 1866. Il réalise l'union des principautés de Moldavie et de Valachie (5 fevrier 1862) et le nouveau pays reçoit le nom de Roumanie avec Bucarest comme capitale.







quand le stuc s'en va


Boulevard Unirii.

Bien que les façades des bâtiments soient du stuc plaqué sur du béton c'est agréable à regarder. Il y a des fontaines et des espaces verts. Tout au bout se dresse le palais du parlement que notre guide appelle « la maison du peuple ». L'avenue fait 4 Km de long, elle est 1 mètre de large de plus que les champs Élysées.





boulevard Unrii
boulevard Unrii
dans le fond, le "palais"


















l'avenue de l'Union vue du palais

Palais du Parlement


Caucescu avait voulu rassembler tous les services de l’état sur le même site. Il avait vu grand, n’hésitant pas à raser un quartier entier, d'ailleurs le seul qui avait été épargné par le séisme de 1977, garantissant ainsi la stabilité de l’édifice. 20% de la surface de la ville a été rasée pour construire le « palais » , l'avenue de l'union (qui s’appelait avenue à la gloire du socialisme) les ministères et les logements des hauts fonctionnaires.




fontaines de l'avenue de l'union
fontaines de l'avenue de l'union vues du palais















Situé sur la colline de Spirii dans le centre de Bucarest, le Palais est le deuxième plus grand bâtiment administratif dans le monde après le Pentagone. C'est aussi le bâtiment administratif le plus cher et le bâtiment le plus lourd. Il mesure 270 m sur 240 m, 86 m de haut et 92 m sous le sol. Il dispose de 1100 pièces et de 12 étages de haut, avec 8 niveaux supplémentaires souterrains, y compris un bunker anti nucléaire. Il abrite le Sénat, la Chambre des députés, le conseil constitutionnel, trois musées et un centre de conférence international. 3000 fonctionnaires y travaillent. Les travaux débutèrent en 1980 et s’interrompirent fin 1989.

diaporama "palais du parlement" : cliquez sur les flèches




palais du Parlement


il y a plusieurs escaliers comme celui-ci dans le bâtiment


escalier - vue généraéle


façade nord du palais


pallier devant les salles de réception


salle de 650 places


salle du Congrès - 800 places


salle de réception -1


salle de réception -2


salle de réception -3


salle dite "des droits de l'homme"


un des grands escaliers


l'un des quatre jardin intérieur


commentaire image


Lorsque Cacescu disparut le palais était terminé à 80%. Le bâtiment et ce qui l'entourait était un problème pour le nouveau gouvernement . Il fut finalement décidé de le terminer et d'y installer les grands services de l’État. Les travaux s’achevèrent en 1997.

Lors de la visite qui dure une heure on ne parcourt que 3% de la surface du bâtiment. L’accès est filtré par des mesures de sécurité, portiques et contrôles d'identité. Le guide a précisé que tous les matériaux utilisés venaient de Roumanie, bois, marbres, ferronneries. Ce qui est frappant est que malgré les dimensions exceptionnelles des salons, les proportions sont parfaites et ne donnent pas une impression d’écrasement. La qualité des matériaux, leur agencement est époustouflant. Les tapis font la surface d'un court de tennis et ont été tissés à Iasi. Les tentures des grands escaliers pèsent 500 kgs et sont nettoyées à la vapeur, il est quasi impossible de les descendre ! Il y a je ne sais combien de salons de réception qui tous sont décorés de façon différente. Quatre couleurs de marbre sont utilisées.

en visitant la ville 


mélange d'ancien et de moderne


passage Macca









devant le musée d'art contemporain


















église russe - iconostase


église russe











cathédrale en construction















Calea Victoriei
Calea Victoriei
















Strada Lipscani
Strada Lipscani
















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