dimanche 21 juillet 2019

Dukla

SVIDNIK-La bataille du col de Dukla


Le contexte


En mars 1939, Hitler proposa aux représentants de la Slovaquie de déclarer l'indépendance du pays en faisant scission de la République Tchécoslovaque. Les dirigeants du Parti préfèrèrent accepter l'indépendance du pays au prix d'une occupation de la Bohême et de la Moravie par les troupes d'Hitler. Cette indépendance était toute relative. L'Allemagne nazie décida d'utiliser l'industrie Slovaques à des fins de construction de matériel militaire : affûts pour les canons allemands, production des moteurs des missiles V2.

Toutefois la population n'ignorait pas le recul des allemands sur le front de l'est et était inquiète de l'occupation allemande en Hongrie. En novembre 1941, la direction clandestine du Parti communiste slovaque commença à organiser des groupes de résistants et à inciter les citoyens à créer des comités nationaux pour en faire des « organes de combat pour la libération du pays ». Les répercussions dans le public furent à cette époque très faibles. Le 22 mars 1942, les communistes réussirent à fonder un groupe de résistance dans l'est du pays.
près de la frontière

Puis c'est dans les régions montagneuses de Slovaquie que commença spontanément à naître un soutien aux antifascistes et à d'autres groupes de résistance. Leurs activités étaient à ce moment non armée et se concentraient plutôt sur la survie et les évasions. Les groupes organisés par les communistes se concentraient sur le combat armé et l'aide de l'Armée rouge qui s'approchait. Ils recevaient leurs ordres de Moscou.

près de la frontière
À partir de juillet 1944 et jusqu'à la fin de la guerre, l'État-major principal du mouvement de résistance à Kiev parachuta sur le sol slovaque des hommes et du matériel.

En 1943, le chef du gouvernement Tchécoslovaque en exil à Londres, contacta les résistants. En décembre 1943, les différents courants de la résistance, les démocrates tchéco-slovaques, les communistes et les antifascistes de l'armée slovaque adoptèrent « l'accord de Noël », sur la base duquel naîtra le Conseil national slovaque insurrectionnel en septembre 1944. La population reçut par des évadés des informations sur les atrocités du camp d'Auswitch. Dans le pays, l'opposition aux Allemands et au gouvernement pro-allemand de Tiso prit de l'ampleur parmi les citoyens ordinaires et les catholiques.

Les résistants se lancèrent dans une série d'actions peu ordonnées. Leur activité devint un prétexte pour une invasion allemande. Le 28 août 1944 les unités allemandes commencèrent à occuper la Slovaquie afin de réprimer la révolte et d'aider le régime collaborationniste dans son combat contre les partisans.

Offensive soviétique


Le 31 août, le maréchal soviétique Ivan Koniev ordonna une offensive visant à détruire les forces nazies en Slovaquie pour soutenir les insurgés slovaques. Le plan prévoyait une percée vers le sud à travers l'ancienne frontière polono-slovaque dans les Carpates par le col de Dukla et de pénétrer en Slovaquie en direction de Svidník.

diaporama - cliquez sur les flèches




un T34 écrasant un Tigre


un T34 écrasant un Tigre


Kr


Kruzlova plusieurs T34 en embuscade


Kruzlova un T34 à côté du Duster


Nova Polianka


Nova Polianka


Nova Polianka - Iconostase


Nova Polianka - clochers symbolisant la Trinité
Les Allemands avaient cependant fortifié la région, formant la ligne Árpád. L'opération débuta le 8 septembre, la ville polonaise de Krosno fut prise au bout de 3 jours de combats. L'un des plus grands engagements de l'offensive a eu lieu autour et sur la colline 534 au nord-ouest de la ville polonaise de Dukla; la bataille pour prendre cette colline a duré du 10 au 20 septembre et le contrôle de cette colline changea une vingtaine de fois. La ville de Dukla fut prise le 21 septembre et la ligne fortifiée par les Allemands sur la frontière le 6 octobre ; il a fallu près d'un mois aux Soviétiques pour atteindre la Slovaquie, à une vingtaine de kilomètres au sud. Le soulèvement était en grande partie déjà écrasé lorsque l'Armée rouge libéra les territoires slovaques.

Cette bataille fut l'une des plus meurtrières du front de l'Est, 180 000 soldats furent blessés ou tués dans les deux camps confondus.


La petite ville de Svidnik s'étend autour du carrefour des routes venant d'Ukraine et celle nord sud allant vers la frontière polonaise. Cette ville a été entièrement reconstruite après guerre. Elle abrite un mémorial en deux parties. L'une est composée de véhicules blindés (y compris allemands) et même un avion. L'autre est dans le style commémoratif grandiose des réalisations soviétiques. Des crucifix de grande taille ont été ajoutés à ce mémorial qui est à la fois porteur de mémoire et significatif de la présence de l'URSS.

En montant vers la frontière là où se sont déroulés les combats, on voit dans les champs des blindés (généralement des T34) qui restent sur les sites où se sont produits les plus violents accrochages. Un panneau indique qu'il s'agit de la route de la mort, probablement en souvenir des 180 000 victimes qui y sont tombées.

En allant vers la frontière toujours en territoire slovaque nous faisons halte à Nova Polianka. Ce petit village abrite une église orthodoxe uniate en bois construite en 1766. L'appareillage de bois est entièrement chevillé. Il n'y a aucun clou. (Dans l'imaginaire des artisans constructeurs, les clous ont servi à la crucifixion, ils ne peuvent donc servir à la construction de la maison divine). Cette église fut laissée à l'abandon sous le régime communiste . Sa rénovation maintenant terminée débuta dans les années 1992. Elle est consacrée à sainte Paraskevy. 

diaporama - cliquez sur les flèches

 

Svidnik eglise orthodoxe


Svidnik - eglise orthodoxe - iconostase


Svidinik - mémorial


Svidinik - memorial


Svidinik - mémorial


Svidinik - mémorial


Svidinik - mpémorial


Svidinik - memorial


Svidinik - vue d'artiste


Svidinik - un jaune éclatant


 
---


les multiples cigognes










Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Merci de laisser votre commentaire qui sera publié après modération