samedi 22 juin 2019

Thessalonique

21-23 juin


Thessalonique est le deuxième centre le plus important de la Grèce. C'est un centre politique, commercial et un nœud de transport pour les pays de l'Europe du sud-est notamment en raison de l'importance de son port. 
Baie de Thessalonique

Parcourir la ville c'est parcourir plusieurs pages d'histoire à travers la compréhension de ses monuments.

Front de mer
En août 1917, tout le centre de la ville est ravagé par un incendie d'origine accidentelle. Le feu détruit 32 % de la superficie totale de la ville, soit 9 500 bâtiments , laissant 70 000 personnes sans abri.

Le premier ministre Eleftherios Venizelos (qui est considéré comme le fondateur de la Grèce moderne) décida en 1920 de la reconstruction de la ville sous l’égide d'une Commission internationale du plan de Salonique. C'est une ville remodelée que nous visitons maintenant.



Statue d'Alexandre le grand.

Né en 356 avant jésus-Christ, mort en 323, il est l'un des personnages les plus célèbres de l'Antiquité. Il devient l'un des plus grands conquérants de l'histoire en prenant possession de l'immense Empire perse et en s'avançant jusqu'aux rives de l'Indus.

Thessalonique fut fondée par Cassandre de Macédoine en -315, et baptisée ainsi en l'honneur de son épouse Thessaloniké demi-sœur d'Alexandre le Grand à qui il offrit la ville en gage de son amour.


L'arc de Galere

Dioclétien a gravit les échelons de l'armée pour devenir commandant de la cavalerie de l'empereur Carus. Après la mort de Carus il est proclamé empereur. Il met en place une structure voulant que la défense de l'empire soit assurée par quatre co-empereurs légitimes afin de pouvoir affronter tous les ennemis de l'empire sans pour autant donner trop de pouvoir à de simples généraux.

Galère élira domicile a Thessalonique, y construira son palais et des édifices publics. Il ne reste aujourd'hui de son effort de construction que cet arc monumental.

Il nomme co-empereur (Auguste) son collègue Maximien Hercule en 286. Chaque Auguste se choisit un nouveau César, chargé de le seconder dans sa partie d’empire, et destiné à succéder à l’Auguste qui l’assistait dans un premier temps. Le 1er mars 293, les deux généraux choisis furent Galère par Dioclétien, et Constance Chlore par Maximien. En vertu de cette « Tétrarchie », chaque empereur règne sur un quart de l'Empire.
Dès sa fondation, la Tétrarchie, symbolisant l'unité et la stabilité retrouvée, est étroitement associée à la religion romaine. Les empereurs sont divinisés : Dioclétien prend pour protecteur Jupiter, Conservator de l'État romain, tandis que Maximien est apparenté à Hercule, le fils de Jupiter. Après plusieurs années de tergiversation, Dioclétien se décide à combattre la religion chrétienne et fait publier plusieurs édits impériaux signant la dernière grande persécution de l'Empire romain. (édits de février 303 à 304). Galere dans sa lutte contre la chrétienté, fait de Demetrios un martyr, devenu le « saint patron » et protecteur de la ville.

La persécution est appliquée très inégalement sur tout le territoire de l'empire. Ainsi Constance Chlore en Occident se contente de détruire quelques monuments tandis que Maximien Hercule, qui avait au début pleinement appliqué les ordres de Dioclétien, se lasse assez vite de cette persécution. Enfin, Maxence et Constantin se montrent tous deux très réservés sur l'opportunité d'une telle politique, qu'ils n'appliquent pour ainsi dire pas.
C'est Galère qui abroge, le premier, les mesures de persécution ayant été édictées contre les chrétiens. En effet les mesures antichrétiennes se sont révélées totalement improductives.
Ainsi, le 30 avril 311, il publie, à Nicomédie, un édit de tolérance reconnaissant l'existence de la religion chrétienne. Cet édit, dit de Sardique, met fin à toutes les mesures antichrétiennes encore en vigueur sur le territoire de l'empire.
Galère meurt dans la province de Dardanie, au début du mois de mai 311, quelques jours seulement après la promulgation de son édit de tolérance.

On aperçoit dans le prolongement de l'arc « La Rotonde », temple de Zeus, devenu une église sous l'empereur Théodose, puis une mosquée (dont il reste le minaret) sous les Ottomans.


Le rempart de la ville byzantine.



Pendant les premiers siècles de l'Empire romain d'Orient (que nous appelons « byzantin » depuis le XVIème siècle), la ville connaît un essor économique constant. Sa position stratégique au débouché de la péninsule balkanique et sur la via Egnatia favorise le commerce. Forte d'une activité portuaire intense, la cité est en relation directe avec Le Pirée et Constantinople.

La via Egnatia partait du port de l'actuel Durres en Albanie avec une branche venant du port d'Apollonie d'Illyrie (actuel Albanie), elle traversait Pella, Thessalonique, Amphipolis, Philippes et se terminait à Byzance. Débouché de la voie maritime entre l'actuelle Brindisi et Durres, elle prolongeait l'itinéraire de la voie Appienne et de la via Traiana jusqu'au passage entre l'Europe et l'Asie.

Toutefois entre le VIIème et le Xème siècle la ville connut des époques troublées. En 676 trois tribus slaves attaquent la ville, qui reste assiégée durant deux ans. Les Bulgares leur succèdent. Puis Thessalonique est prise et pillée par les Sarrasins en 904.


Cependant, le Xème siècle et le début du XIème siècle correspondent à une période de redressement, et l’empire est réorganisé en « thèmes ». Thessalonique devient la capitale d’un thème qui durera jusqu’au XVème siècle.

En 1204, la ville tombe aux mains des Croisés et devient capitale du Royaume de Thessalonique. En 1313, elle est de nouveau réintégrée à l’Empire de Constantinople. Enfin en 1430, elle est prise par les Ottomans qui l’appelèrent Selani. (de nos jours)

Eglise sainte Sophie.

Elle a été construite au VIIIème à la place d'une église plus petite du IVème. En 1205, avec la quatrième croisade l'église passe du culte byzantin au culte catholique. La ville et l'église furent reprises par l'empire byzantin en 1246. Après la conquête ottomane en 1430, l'édifice fut converti en mosquée et on y plaça un minaret. En 1912 avec la prise de la ville par les Grecs l’église fut rendue au culte orthodoxe.




monument commémoratif
de la prise de Théssalonique















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La basilique Hagios Demetrios


 C' est une église dédiée à saint Dimitri, patron de Thessalonique. Construite dans un style byzantin au VIIème siècle sur l’emplacement d’une première église datant du IVème siècle, elle est l’une des plus grandes églises de Grèce et l’un des sanctuaires les plus importants de l’Église orthodoxe grecque.
Détruite à plusieurs reprises lors d’incendies, l’église fut reconstruite entre 629 et 634 sous la forme d’une basilique à cinq nefs, telle qu’on la connaît aujourd’hui. C’est pendant les travaux de reconstruction que l’on aurait retrouvé une urne contenant les restes de saint Démétrios dont s’échappait une huile à forte odeur de myrrhe. A de nombreuses reprises on aurait tenté de transférer ces reliques à Constantinople, mais toujours sans succès, le saint manifestant ainsi son intention de demeurer à Thessalonique dont il était le protecteur.

L’église rouge.


Cette église aurait été construite en 1028. Comme elle est exclusivement construite en briques elle a été appelée l’église rouge. Elle comporte des fresques du XIème au XIVème. Sous l'occupation ottomane elle fut transformée en mosquée nommée mosquée des marchands de cuivre.








La tour blanche.

Comme la majorité des villes portuaires, Thessalonique est cosmopolite et accepte la coexistence entre les trois grandes communautés : musulmane, orthodoxe et juive. La ville se dote d'une élite qui sera un moteur de son développement.

La tour actuelle remplace une ancienne fortification byzantine du XIIème siècle et reconstruite par les Ottomans pour renforcer le fort de la ville. En 1826, sur ordre du sultan Mahmud II, un massacre des prisonniers eut lieu dans la prison, ce qui lui valut l'appellation Tour du sang.

Lors de la prise de la ville par les Grecs en 1912, la tour fut blanchie en signe de purification, ce qui lui vaut son nom actuel. Elle est adoptée comme le symbole de la ville.




 


Bey Hamam.

Ils furent construits par le sultan Murad II en 1436 ou 1444 à l'emplacement d'anciens bains romains.







Première guerre mondiale. Cimetière de Zeïtenlick.

La première guerre balkanique qui dura d'octobre 1912 à mai 1913 opposa la Ligue balkanique (la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro) à l'Empire ottoman qui fut défait.
Le traité de Londres conclut la première guerre balkanique le 30 mai 1913. Tous les territoires ottomans à l'ouest d'une ligne « Enos-Midia » furent cédés à la Ligue. Le traité permit également la création de l'Albanie en tant qu’état indépendant.

Durant la Première Guerre balkanique, un des objectifs de la Grèce est Thessalonique. Elle est conquise en novembre 1912.

N'ayant pas réussi à résoudre ses différends avec la Serbie en Macédoine du nord et avec la Grèce en Macédoine du Sud, la Bulgarie commença à redéployer ses troupes de Thrace orientale pour occuper ces territoires par la force.

Face à cette menace, la Grèce et la Serbie signèrent une alliance militaire dirigée contre la Bulgarie le 1er mai avant même la signature du traité de Londres. L'alliance militaire fut suivie par un traité d'assistance mutuelle le 1er juin.

La deuxième guerre balkanique (du 16 juin au 18 juillet 1913) opposa la Bulgarie à ses anciens alliés, la Serbie et la Grèce, qui, mis en difficulté, appelèrent à la rescousse la Roumanie. Lorsque les troupes roumaines approchèrent de la capitale Sofia, la Bulgarie demanda un armistice qui déboucha sur le traité de Bucarest, dans lequel la Bulgarie dut renoncer à ses revendications, céder une partie de ses gains de la première guerre balkanique à la Serbie, à la Grèce et à l'Empire ottoman et en plus céder une partie de son territoire initial à la Roumanie.

La guerre provoqua la rupture de l'alliance russo-bulgare, laissant la Serbie comme seule alliée de la Russie dans cette région . C'est pour cela que la Serbie reçut le soutien total de la Russie lors de la crise de juillet 1914 qui mena à la Première Guerre mondiale, et c'est aussi pour cela qu'en 1915 la Bulgarie s'allia aux Empires centraux.

En 1916, l’armée française d’Orient (AFO) fait partie des armées alliées d’Orient (AAO) regroupant des troupes de l’armée britannique, de l’armée serbe, de l’armée italienne, de l’armée russe et de l’armée grecque.

Les effectifs par puissances belligérantes dans les Balkans sont, en septembre 1918, de 210 000 Français, 138 000 Britanniques, 119 000 Serbes, 157 000 Grecs, et 43 000 Italiens opposés à 550 000 Bulgares (appuyés par quelques forces austro-hongroises), 18 000 Allemands, et 25 000 Turques.

Sous les ordres du général d’armée Louis Franchet d’Espèrey, l' AAO provoque la défaite de la Bulgarie, reconquiert la Serbie et la Roumanie, puis envahit l’Autriche-Hongrie.

Vestiges de la présence française :
https://gr.ambafrance.org/Vestiges-de-l-Armee-d-Orient-en-Grece-du-Nord


Situé sur le site du cantonnement de l'armée d'orient, le cimetière militaire de Zeïtenlick accueille les dépouilles de 8.310 soldats français, 8.000 Serbes, 500 Russes, 1750 Britanniques et 3500 Italiens.


tombes de soldats Français
mémorial aux soldats Français

mémorial aux aviateurs Français



mémorial 1914-1918
mémorial aux soldats Russes


































Note aux voyageurs : un taxi hélé à la sortie de Zeïtenlick et à destination de la tour blanche coûte 4€50. Soit la traversée de la ville en diagonale.


Visites
 
musée Byzantin
icône du XV ème


forum romain
forum romain


plan explicatif du forum
impôts (déjà)
Hamza Bey mosquée


Vie contemporaine

Comme dans les autres villes traversées le niveau de vie apparaît contrasté. Le centre ville est bourdonnant d'activité. Sur les avenues, des magasins modernes laissent échapper leurs effluves climatisées sur le trottoir bondé où quelques mendiants tendent la main.

Dans les rues adjacentes un véritable souk concentre une population modeste. Des magasins artisanaux s'alignent le long des rues apportant une vie particulière.

Le jour de notre visite nous avons vu défiler deux manifestations. L'une fortement encadrée par des forces policières regroupait des manifestants peu nombreux, mais farouches (nous n'avons pas compris les revendications). La seconde très pacifique regroupait les associations lgbt dans une ambiance de kermesse.

La circulation est intense et dangereuse. Alors que nous en parlions avec un chauffeur de taxi il nous a expliqué que passer le permis coûtait très cher, donc que les gens préféraient « l'acheter ». Ce qui nous a laissés perplexes. La plupart des deux roues roulent sans casque.


parade
défilé lgbt




 

scène de rue

scène de rue

terrasse de café

le peintre




































Et les animaux ?

Nous avons vu à Tirana que des chiens ou des chats étaient « adoptés » par un quartier. Ils sont identifiables par un signet serti sur l'oreille droite. Les gens les nourrissent et les soignent.

Il semble que la même pratique existe aussi en Grèce. Nous n'avons pas vu de chiens errants. Mais beaucoup de chats. Et l'on voit le long des maisons des soucoupes remplies de croquettes, ou des coussins pour les chats.

Les grecs ont une relation ancienne avec les chiens qu'ils utilisaient pour la chasse ainsi que cela est rapporté sur une fresque rapportant une action de chasse d'Alexandre le grand. Sur la gravure on distingue deux types de chien : un « Kastoride » dont le nom est dérivé de celui du castor, et un molosse. Ils ont tous les deux une fourrure grisâtre et un large museau utilisé pour la défense des troupeaux par les bergers du nord-ouest de la Grèce.

Notre gros chien rencontre un succès d'estime, beaucoup de gens le photographient, demandent son nom ou sa race, et avec notre accord lui donnent une caresse.











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